Atelier matériel de kyudo : gant, poignée, flèches…

Photo : Simo Benadada

Samedi 7 avril, après l’entraînement, nous avons consacré l’après-midi à un atelier « matériel ». Les anciens du club nous ont expliqué comment prendre soin des gants, des plumes, des arcs et refaire le nakajikake et la poignée. L’atelier a été très dense. Voici une partie de ce que j’y ai appris.

Les gants

Après de longs mois d’entraînement, nos gants sont vraiment sales. Or quand il fait chaud, la saleté accroche. On nous a conseillé de les nettoyer avec une brosse à dents ou du papier de verre 000. Puis, au choix, de prendre un dissolvant sans acétone, ou de l’eau tiède avec de la lessive ou du savon de Marseille et de frotter.

Dans le tsuru makura (弦, là où va la corde), il faut de temps en temps remettre une résine spéciale qui permet de sculpter le creux. On nous a montré comment chauffer la spatule, avant d’appliquer l’équivalent d’un petit grain de riz de résine dans le creux et sur le côté du pouce du gant.

Quant au sous-gant, il faut le laver régulièrement, et le laisser à l’air libre après l’entraînement : il ne doit pas rester dans le gant. Un maître de kyudo conseillait même de changer de sous-gant toutes les 4 flèches en été.

Les plumes

Lorsque les plumes sont ébouriffées, on peut les mettre au-dessus d’un peu de vapeur pour qu’elles reprennent leur place, et les lisser. Il faut ensuite bien les essuyer. On peut aussi nourrir les plumes avec de l’huile de camélia, de lin, de géranium ou d’argan.

Le nakajikake

En tant que mudan, c’est la partie que j’avais déjà apprise « sur le tas » avec l’aide de mes sempai et du guide AKE. Mais j’ai découvert que le nakajikake était plus technique que je ne le soupçonnais.

En effet, la partie où va le gant doit affleurer et ne pas couper la bosse du gant pour ne pas l’abîmer. Le nakajikake doit sortir un peu du gant pour pouvoir partir tout seul.

Les poudres

A AKE, les nouveaux reçoivent un « kit du débutant » avec notamment le kusune, le fudeko et le giriko.

Le kusune (くすね) sert pour le nakajikake et la corde. C’est un mélange d’huile de colza, de résine de pin, diluées avec un solvant. Il existe du kusune pour l’été et pour l’hiver car il est sensible à la température. Si le kusune est trop dur, on peut y déposer une goutte d’huile essentielle de térébenthine sur le cuir qui sert à frotter la corde pour la renforcer au début de l’entraînement.

Ainsi, j’ai appris qu’on pouvait faire la nakajikake avec de la colle spéciale, de la colle blanche ou encore de la résine (kusune). Yumi Sensei nous a montré, document (en japonais) à l’appui, les trois parties du nakajikake : en haut le stoppeur (une petite boule), puis le point d’encoche, puis la partie sur laquelle se pose le gant.

Le fudeko (筆粉) est la poudre qu’on met sur la main de l’arc et sur la poignée. Elle existe en blanc ou gris. La poudre blanche est faite avec de l’os de seiche râpé ou broyé ; elle ne tache pas la poignée. Quand elle est grise, c’est de la poudre de coque (son) de riz brûlé. On peut aussi prendre de la poussière du sol pour faciliter le mouvement de l’arc.

Le giriko (ギリ粉) est une poudre jaune (de la résine de pin) qu’on applique sur les doigts du gant pour leur permettre d’accrocher quand on ouvre l’arc.

Enfin, l’atelier s’est terminé sur la réfection des poignées d’arc. Marie nous a tous impressionnés en refaisant une poignée en 15 minutes !

Charlotte Uher – 21 avril 2018

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